
Tennis, padel : pourquoi le coude et l'épaule souffrent

Nicolas Boursier
Ostéopathe · Saint-Jean-de-Védas
Un geste répété des centaines de fois
Le lendemain d'un match, le coude tire quand vous soulevez une bouteille. L'épaule accroche sur un service. Vous continuez à jouer, mais le geste a perdu en fluidité.
Ce n'est pas un hasard : le tennis et le padel demandent au membre supérieur un travail intense et répétitif.
Un geste qui part de loin
Le bras ne travaille jamais seul. Un coup démarre aux appuis, passe par les hanches, le tronc, puis l'épaule, le coude et le poignet. Quand un maillon manque de mobilité ou de force, le bras, en bout de chaîne, peut compenser.
Ce que subit chaque zone
- L'épaule : service, smash et volée haute se jouent bras au-dessus de la tête. C'est une articulation très mobile, donc très dépendante des muscles qui la stabilisent.
- Le coude : à chaque frappe, les muscles de l'avant-bras se contractent pour tenir la raquette et absorber l'impact. Les tendons qui s'attachent autour du coude reçoivent ces tensions, coup après coup.
- Le poignet et la main : une prise très serrée augmente les tensions dans tout l'avant-bras.
Tennis et padel : des contraintes différentes
Au tennis, les services et les frappes à pleine amplitude sollicitent beaucoup l'épaule. Au padel, les échanges sont souvent rapides et rapprochés. Les frappes se font fréquemment en rattrapage, avec peu de temps pour se placer, ce qui sollicite le poignet et le coude.
Les facteurs qui s'ajoutent
- Une augmentation rapide du volume de jeu
- Une reprise après une longue pause
- Un matériel inadapté (poids, taille du manche, tension des cordes)
- Un échauffement court ou absent
- La fatigue en fin de match, quand la technique se dégrade
Ces éléments sont fréquemment évoqués chez les joueurs. Ils ne suffisent pas à expliquer une douleur précise : chaque situation est particulière.
Ce que l'ostéopathie peut apporter
En ostéopathie du sport, nous ne regardons pas seulement la zone douloureuse. Nous cherchons comment l'ensemble du corps participe au geste.
Ce que nous observons lors du bilan
Nous commençons par vous écouter : à quel moment la gêne apparaît, sur quel coup, depuis quand. Puis nous évaluons :
- La mobilité de l'épaule et de l'omoplate
- La mobilité du haut du dos et des côtes, qui participe à la rotation du tronc
- Le coude, le poignet et la tension des muscles de l'avant-bras
- Les hanches et le bassin, qui entrent dans la transmission de la force
- Votre gestuelle et vos appuis, quand cela est utile
Ce que font les techniques
Nous utilisons des techniques manuelles douces : mobilisations articulaires, travail sur les tissus musculaires, étirements guidés. Certaines personnes trouvent qu'elles peuvent contribuer à retrouver du confort et de l'amplitude. Nous ne promettons aucun résultat : la réponse varie d'une personne à l'autre.
Nous pouvons aussi échanger avec vous sur l'échauffement, la récupération et le rythme de reprise. Ces conseils restent généraux, et un avis médical reste nécessaire si la douleur persiste.
Un exercice à essayer avant de jouer
Cet exercice de mobilité sollicite le haut du dos, dont la rotation participe à tous vos coups.
- Placez-vous à quatre pattes, mains sous les épaules, genoux sous les hanches.
- Posez la main droite derrière la nuque, coude vers le côté.
- Expirez lentement et tournez le tronc pour amener le coude vers le plafond. Comptez 4 secondes.
- Revenez en 4 secondes, coude vers le bras opposé.
- Faites 8 répétitions, puis changez de côté.
Le mouvement reste confortable. Si une douleur apparaît, vous arrêtez.
Cet exercice ne remplace pas un avis professionnel. Il sert simplement à préparer le corps à bouger.
Quand consulter ?
Une courbature après un match qui s'efface en un ou deux jours n'a rien d'inquiétant. Certaines situations méritent en revanche un avis.
Vous vous reconnaissez peut-être ici ?
- Le coude tire en serrant la raquette, en tournant une poignée ou en portant un sac
- L'épaule est gênée pour servir, lever le bras ou dormir sur le côté
- La douleur revient à chaque séance, ou dure plus de quelques jours
- Vous modifiez votre geste sans vous en rendre compte pour éviter la gêne
- Vous jouez moins, ou moins bien, sans comprendre pourquoi
Dans ces cas, nous vous recevons à Saint-Jean-de-Védas pour un bilan complet et un échange sur votre pratique.
Quand un avis médical s'impose
Consultez rapidement un médecin si :
- La douleur fait suite à un choc ou à une chute
- Vous constatez un gonflement, une déformation ou une perte de force nette
- Des fourmillements ou un engourdissement gagnent la main
- La douleur est intense, survient la nuit ou ne cède pas au repos
Selon votre situation, nous pouvons vous orienter vers le médecin ou un autre professionnel de santé. Nous vous accompagnons à votre rythme, en complément d'un suivi médical si nécessaire.


